Jardim, un petit retour et puis s’en va !

Jardim, un petit retour et puis s’en va !

29 décembre 2019 54 Par Marc S

Alors que Jardim a eu le droit à une deuxième chance à l’AS Monaco, il n’a pas convaincu et s’est fait remercier une nouvelle fois. Autopsie d’un come-back manqué.

Retour dans la panique : objectif maintien

Débarqué le 11 Octobre 2018 après un début de saison apocalyptique et seulement une petite victoire en Ligue 1, Leonardo Jardim est remplacé une première fois par Thierry Henry. Beaucoup de défaites plus tard et avec un mercato d’hiver plutôt ambitieux, le Portugais est de nouveau rappelé en urgence le 25 Janvier 2019, avec un objectif clair : éviter au club princier la Ligue 2.

Un regain de forme qui fait rêver 

Au retour de Jardim, les signaux sont plutôt au vert : l’infirmerie commence à se vider et les recrues sont prêtes avec notamment un certain Gelson Martins très en forme. Très vite, tous les Monégasques se remettent à rêver. Une victoire contre Toulouse (2-1), un match nul à Montpellier (2-2), une victoire contre Nantes (1-0), et même une victoire contre Lyon (2-0). Les plus optimistes d’entre nous pensent presque à une place européenne à ce moment-là. Les Rouges & Blancs restent invaincus avec un nul contre Angers (2-2), contre Bordeaux (1-1) et gagnent même contre Lille (0-1).

Une fin de saison difficile

Mais comme après l’effet de certaines substances, cette euphorie finit par cesser. On commence à assister à la bascule à partir de la défaite contre Caen (0-1). La fin de saison ne ressemble plus alors qu’à un long supplice, car en incluant ce dernier match, on compte 8 rencontres sur 9 sans victoire, dont 5 défaites. La seule réussite est ce match gagné contre Amiens (2-0), qui permet à l’AS Monaco de rester en Ligue 1, et à l’entraîneur portugais de remplir son objectif.

Un mercato pour tout recommencer

Après cette saison ratée, tout le monde veut tourner la page, et recruter des joueurs d’expérience afin de replacer le club dans la zone européenne. Oleg Petrov, nouvel homme fort du Rocher après le limogeage de Vasilyev, doit composer avec Jardim pour former la nouvelle équipe qui lavera l’affront. Et c’est vrai qu’en tant que supporter, on s’est relativement réjoui de ce mercato avec de belles arrivées.

On compte des joueurs d’expérience confirmés comme Ben Yedder, Slimani, mais aussi Lecomte et Aguilar tout droit venus de Montpellier. On ajoutera à cela l’achat définitif de Gelson Martins et le dégraissage de quelques joueurs, notamment Tielemans. Bref pas mal de satisfaction sur le papier, mais une défense par contre relativement similaire, le coach voulant s’appuyer sur ses lieutenants Glik et Jemerson, avec toutefois la venue du défenseur chilien Maripan. L’entraîneur peut alors composer son 4-4-2 et a un objectif clair : le podium !

Le second naufrage du Mister

Avec ce mercato ambitieux, on se dit que l’AS Monaco a les cartes en mains pour finir en haut du panier. Mais après les 5 premiers matchs, l’optimisme retombe, et le Club de la Principauté compte déjà 3 défaites au compteur, notamment contre Lyon (3-0), Metz (0-3) et Marseille (3-4). La défense monégasque pointe à la dernière place de Ligue 1 et on se dit que ça va encore être une saison compliquée.

Les joueurs se réunissent alors avec Leonardo Jardim et lui enjoigne de changer son 4-4-2 en 3-5-2. On se retrouve alors avec une équipe où la plupart des joueurs ne jouent pas à leur poste, et des choix assez surprenants, avec le maintien de certains joueurs dans le 11 qui pose question. Quatre matchs plus tard et après une nouvelle défaite contre Montpellier (3-1), les gros titres concernant le départ du coach recommencent à fleurir.

Après ce match qui s’est déroulé avant la deuxième trêve internationale, l’AS Monaco recommence à aller mieux, et le doit surtout à son attaque et son superbe duo Ben Yedder-Slimani. La formation plus défensive permet aussi de verrouiller plus efficacement. Les 11 matchs suivants toutes compétitions confondues, les Rouges & Blancs s’imposent 7 fois avec un dernier match qui tournera à la démonstration contre Lille (5-1). Toutefois on continue à sentir une certaine fragilité, car on compte quand même trois défaites contre Saint-Étienne (1-0), Bordeaux (2-1) et Lille (0-3). On peut ajouter un match très terne contre Angers (0-0).

On finit avec le meilleur buteur (Ben Yedder), le meilleur passeur (Slimani), la 14ème défense de Ligue 1 et la 7ème place du championnat.

L’épilogue

Avant la trêve, et après le manque de soutien de Petrov, devant les caméras, la messe semblait dite, et peu de personnes croyaient au maintien du Portugais. Le constat était sans appel et juste mathématique : l’objectif du podium n’était pas atteint et ce alors même qu’on a l’impression que ce championnat était ouvert comme jamais.

Les deux matchs contre Lille ont parfaitement résumé l’AS Monaco actuelle : une attaque de feu, une défense friable et un chef d’orchestre qui semblait subir les formes et méformes de ses joueurs.

Certains diront que ce dernier match et cette victoire flamboyante était la dernière étape, le dernier coup de crayon du coach, et qu’en janvier l’équipe aurait déroulé comme à la belle époque, mais ça, on ne le saura jamais. Certains au contraire avaient attendu ce limogeage comme le Messie dans la crèche de Noël et pensent que cela va tout changer, et que le Club Princier avait besoin d’en passer par là pour tourner la page de la saison dernière et sortir de sa chrysalide.

La faute de l’entraîneur aura peut-être été de se reposer sur certains joueurs qui n’ont pas répondu présents, de s’être trop attaché affectivement alors même que la présence d’un coach dans un club ne doit être que cyclique, et qu’il doit dissocier ses sentiments de son travail. Peut-être aurait-il du plus donner sa chance aux jeunes, comme par le passé, avec notamment un Zagré invisible.

Toujours est-il que le résultat est là, Leonardo Jardim n’est plus le coach, et nous devons nous retrouver en tant que supporters, malgré nos désaccords, derrière le nouveau coach, qui restera au final toujours plus petit que l’AS Monaco ! Comme on dit, l’entraîneur n’est plus, vive l’entraîneur !

Au revoir Mister, merci pour tout et bon vent !

Photo : AS Monaco

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