Ludovic Giuly : « Entraîner l’AS Monaco »

Ludovic Giuly : « Entraîner l’AS Monaco »

12 octobre 2019 27 Par Ophély M

Dans une interview accordé a Fabien Pigalle et Monaco Matin, le jeune entraîneur adjoint de la réserve monégasque Ludovic Giuly s’est confié. Au programme son avis sur le métier d’entraîneur, sur le passage de Thierry Henry à Monaco mais aussi son ambition sur le futur. Morceaux choisis.

Passé par le Barça, Lyon ou encore le  PSG, Giuly a un passé de footballeur bien rempli, toutefois il ne voulait pas en faire son futur : « A 36 ans, quand j’ai arrêté ma carrière à Chasselay, je m’étais dit que je ne retournerais jamais dans le foot. Après 25 ans passés sur les terrains, j’étais fatigué de ne pas pouvoir profiter de la vie, de mes gamins … ». Un sentiment qui a depuis évolué avec notamment un rôle d’ambassadeur à l’ASM avec Vadim Vasilyev « Il y a 3 ans je suis revenu dans la région, je suis devenu ambassadeur au club. Et, petit à petit en côtoyant les joueurs, le vestiaire, le terrain l’envie est revenue crescendo.»

Alors qu’il ne souhaitait pas entraîner, l’ancien capitaine monégasque prend désormais la mesure de son nouveau poste : « Nous ne voyons qu’une seule partie du travail, l’entraînement et le match. Maintenant que je suis de l’autre côté je prends conscience de tout le reste, la préparation de la semaine, les retards, le groupe à gérer, etc… C’est un vrai métier.» Présent aux côtés de la réserve Rouge & Blanche que depuis quelques semaines, Giuly sait qu’il a des choses à améliorer : «  Je dois m’améliorer sur la prise de décision. Savoir faire le bon choix quand l’équipe ne va pas bien. Ne plus penser et voir comme joueur mais plutôt comme entraîneur. Parfois je suis encore trop joueur dans ma tête. »

Adjoint de l’expérimenté David Bechkoura, les deux hommes semblent aujourd’hui complémentaires : « Cela s’est fait naturellement, je lui ai dit que je voulais apprendre à ses côtés. David connait l’équipe depuis 3 ans et je voulais apporter ma vision extérieure. David aime observer de manière globale, il supervise, parle tactique, schéma d’entraînement. On se complète bien. David m’a même proposé de faire mes séances. Quand je serai prêt à le faire, je n’hésiterai pas. »

Pour lui commencer par être adjoint au sein d’une équipe de jeune était une évidence : « On est obligé. Evidemment avec les pros je pourrais avoir une relation intéressante, mais je ne peux pas entraîner. Il faut accepter et prendre le temps d’apprendre. Pour être franc au départ, je ne me voyais pas forcément dans le rôle d’entraîneur. Je me voyais plus faire le lien entre le coach et le groupe comme Camara à Paris.»

Passé par Monaco entre 1998 et 2004 puis  entre 2011 et 2012, Giuly est une véritable légende du club. Pour l’ancien capitaine de l’épopée européenne, il était important de commencer sa nouvelle carrière ici : « C’est quand même mieux pour un entraîneur de débuter chez soi. Je trouve que pour un jeune entraîneur c’est bien de débuter par des jeunes que tu dois former. Tu ne peux pas arriver en disant j’ai mon diplôme je veux une L1. Ok, on a de l’expérience dans le foot, on ne peut pas nous l’enlever, on connaît le ballon on a un petit avantage. Mais après on ne sait pas ce que c’est de gérer pendant 5 ou 6 ans une Ligue 2, une équipe de National ou de N2. Je préfère apprendre doucement, me former et après on verra. »

Présent en tant qu’ambassadeur la saison dernière, Ludovic Giuly a eu l’occasion de côtoyer son ancien coéquipier chez les Bleus Thierry Henry , pour lui l’ancien joueur de New York a surtout était malchanceux : « Le cas de Thierry Henry est différent. Je ne veux pas en parler car pour moi il n’a pas eu le temps de former et faire des choses et le club a eu beaucoup de malchance avec les blessés. ». Toutefois le néo coach a une idée bien précise de ce qu’il faut faire pour réussir : « Disons qu’à mes yeux quand tu arrives dans un club il faut s’appuyer sur une ou deux personnes déjà présentes au club. Dans ton staff, tu dois avoir des gens qui connaissent le club. Que ce soit Thierry Henry ou un autre, que l’on soit à Monaco ou à Lens. On ne peut pas vouloir changer les choses, sans connaître les hommes. On connaît les joueurs, mais pas le fonctionnement interne. C’est mon avis personnellement. C’est ce que j’ai pu constater autour de moi avec Claude Makélélé ou Thierry Henry. A mes yeux, à chaque fois il manquait un petit truc. »

Enfin, l’ex numéro 8 monégasque n’a pas caché ses ambitions : « Je suis ici pour travailler, on bosse et après on verra. Le rêve c’est d’apprendre ici et de franchir toutes les étapes et entraîner l’AS Monaco. Forcément c’est mon rêve. Ce n’est peut-être pas celui du propriétaire et je respecte parce qu’il y a quelqu’un en place et que je n’ai pas encore les capacités de le faire. Mais évidemment, quand j’ai débuté ici, je me suis dit que le rêve c’était d’arriver tout en haut à Monaco. »

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